BOSTON (Etats-Unis), 12 fév (AFP) - Le nombre de médicaments contre le VIH-sida bientôt sur le marché ou en phase d'essai clinique n'a jamais été aussi élevé, donnant aux chercheurs une longueur d'avance sur le virus et sa capacité à développer une résistance, selon les experts de la maladie réunis à Boston (Massachusetts).
La famille des médicaments qui, par leur combinaison, ont permis depuis le milieu des années 90 de transformer le VIH-sida d'une condamnation à mort en une maladie chronique est sur le point de s'agrandir, ont expliqué des spécialistes de la maladie lors de la 10e conférence sur les rétrovirus qui réunit 4.000 cliniciens et chercheurs pendant une semaine.
"Le pipeline de nouveaux antirétroviraux est rempli, c'est une récolte abondante", a commenté un vétéran de cette conférence, le Dr John Mellors, de l'école de médecine de l'Université de Pittsburg (Pennsylvanie).
Les médicaments actuellement sur le marché agissent sur deux cibles du VIH, la transcriptase inverse, par blocage de son travail de synthèse d'ADN, et la protéase virale, en empêchant la maturation du virus.
En réserve, les chercheurs testent des médicaments qui visent au total huit cibles pour empêcher le virus de pénétrer dans la cellule et de se développer dans l'organisme, selon Dr Mellors. Ce dernier a recensé six nouveaux médicaments au stade de l'essai sur l'homme et une dizaine d'autres allant atteindre la phase de test clinique.
Le nouveau venu dans l'arsenal, dont l'approbation est imminente aux Etats-Unis, est le T-20 (laboratoires Roche et Trimeris), un inhibiteur de la fusion qui empêche le virus de s'attacher à la cellule.
Etape suivante, le Dr Diego Miralles, de Duke University, a annoncé à Boston des résultats encourageants d'essais cliniques sur un nouvel inhibiteur de la fusion, le T-1249 (Trimeris/Roche), menés sur des malades du sida déjà résistants au T-20.
"Le prochain antirétroviral qui devrait être approuvé, le T-20, a déjà un remplaçant spécialement conçu pour lutter contre le virus résistant au T-20. Il semble que pour la première fois, nous commençons à rattraper le virus dans sa capacité à développer une résistance", a expliqué le Dr Mellors.
Ce dernier a également cité "des agents entièrement nouveaux, tel que le TNX-355, un anticorps donné une seul fois, en une seule dose, qui est capable de bloquer la réplication du virus pendant 14 à 21 jours".
Les chercheurs se réjouissent aussi de l'allègement des thérapeutiques et de leur taux de succès qui atteint 75 à 85% au lieu des 50 à 60% il y a seulement quelques années.
"Nous sommes entrés dans une ère où la thérapie antirétrovirale consiste en deux à trois cachets pris le matin ou le soir, ou un cachet pris deux fois par jour, au lieu de 10 à 20 cachets, pris deux ou trois fois par jours", a indiqué le Dr Mellors. "On approche désormais l'aisance avec laquelle on traite l'hypertension", s'est-il enthousiasmé.
Enfin, bonne nouvelle pour les pays en développement, qui sont les plus durement frappé par le sida, ces thérapies fonctionnent dans des environnements aux ressources limitées, ont souligné plusieurs chercheurs dont les études seront présentées jeudi.
"HAART peut être administré dans une hutte", a résumé le Dr Mellors en faisant rimer l'acronyme d'une trithérapie (thérapie antirétrovirale hautement active) avec la plus simple forme de centre de soin.
"L'administration de thérapies antirétrovirales dans des cliniques qui n'ont pas un sol en marbre mais un sol en terre battue est très efficace", a encore insisté ce spécialiste.
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