
Certains hommes ayant le sida présentent un taux de testostérone inférieur à la normale. Un déficit en cette hormone peut donner lieu à plusieurs symptômes, dont la dépression, la fatigue, une faible libido et une difficulté à maintenir sa masse musculaire. Des faibles taux de testostérone chez les hommes séropositifs furent fréquemment signalés à l'époque précédant l'introduction de la multithérapie antirétrovirale fortement active. Des chercheurs en Espagne ont récemment mené une étude pour mesurer les niveaux de plusieurs hormones sexuelles chez des hommes séropositifs sous multithérapie. Ils ont décelé des liens entre certaines catégories de médicaments anti-VIH et les niveaux de quelques hormones spécifiques.
Les chercheurs ont recruté 189 hommes séropositifs dont le profil au début de l'étude était le suivant :
On a mesuré le taux des hormones suivantes :
Dans la majorité des cas, les taux hormonaux se situaient à l'intérieur de l'écart normal. Aucun lien n'a été trouvé entre les taux de testostérone et de 17 bêta-estradiol et les facteurs suivants :
Les sujets présentant un faible taux de testostérone étaient également susceptibles d'avoir un faible taux des hormones FSH et LH. Selon les médecins espagnols, ce résultat porte à croire que les déficits en testostérone ne sont pas attribuables à des problèmes de production dans les testicules.
Trois catégories de médicaments anti-VIH sont couramment utilisées en Amérique du Nord et en Europe occidentale, à savoir :
Les sujets de cette étude espagnole ont reçu un traitement comportant un ou plusieurs médicaments appartenant à ces catégories, comme suit :
En analysant leurs données, les chercheurs ont constaté un lien entre le niveau de certaines hormones, à savoir la testostérone et le 17 bêta-estradiol, et l'usage de certaines catégories de médicaments anti-VIH. En général, les tendances suivantes ont été observées :
Les taux hormonaux ont été mesurés avant et après l'amorce de la multithérapie chez seulement 15 sujets. Chez ces derniers, les taux de testostérone et de 17 bêta-estradiol ont eu tendance à s'accroître au fil du temps.
Les raisons pour lesquelles la multithérapie semble accroître le taux de certaines hormones sexuelles ne sont pas claires. Il est possible que les inhibiteurs de la protéase et les analogues non nucléosidiques empêchent la dégradation de ces hormones dans le foie, augmentant ainsi leurs niveaux dans le sang. Espérons que les résultats de cette étude encourageront d'autres chercheurs à confirmer et à étoffer les données de cette équipe espagnole. Des recherches sont également nécessaires pour évaluer les liens entre des changements dans les niveaux hormonaux et des traitements spécifiques et ce, autant chez les femmes que chez les hommes.
RÉFÉRENCE
Collazos J, Martinez E, Mayo J and Ibarra S. Sexual hormones in HIV-infected patients: the influence of antiretroviral therapy. AIDS 2002;16(6):934-936.
20020411
CATF-N20020402
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